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Pages pédagogiques - théorie de la voile - Bretagne Atlantic Yachting

En Bretagne Sud, au départ de Port Louis (Lorient) ou Mer d'Iroise/ Manche,  au départ de Brest 

  • 4 stagiaires Max (5 en régate)
  • Skippers professionnels
  • Voiliers course-croisière, 38 pieds
  • 530 - 630 € / stage de 6 jours
  •  

    Plaisir, qualité pédagogique, sécurité, performances, et confort sans concessions!

Loick.feat@bretagne-atlantic-yachting.eu

Tel: 00 33 6 79 13 34 08




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Le Vendée Globe 2020 - 2021

Un Vendée Globe Exceptionnel!

Des navigatrices et navigateurs de très haut niveau, super entraînés, super préparés, soutenus  par une équipe technique et l'engagement d'un sponsor, sur un parcours qui réunit toutes les conditions météo de la planète, et sur une très grande distance. Ici, pas d'artifice marketing, on est dans la performance, la fiabilité, la persévérance... et les hasards de la nature ou des pollutions humaines!

Une très grande question de cette édition était: Les foilers vont-ils renvoyer définitivement les non-foilers au musée?

Foilers et non foilers se sont battus pour les 10 premières places ! Etonnant après un tour du Monde, alors qu'il était annoncé des différences de vitesses spectaculaires entre foilers et non foilers. 4 non foilers sont dans ce top 10. 

Pour mieux comprendre les différences (ou pas) de performances entre voiliers foilers et non-foilers sur le Vendée Globe.

Les différences de vitesse sont de l'ordre de plusieurs noeuds, aux allures de "reaching" autour du vent de travers, jusqu'au portant (140° du vent).

Le foil agit alors comme la coque sous le vent d'un trimaran, qui de surcroît créée une portance vers le haut : c'est ce qui est génial dans le foil, de la même manière qu'une voile fait avancer un voilier par portance ou qu'un avion vole!  Et de surcoît, il présente un plan antidérive.  Plus le foil est long, plus le bras de levier est important, entre le point de travail du foil et le centre de gravité du bateau (situé au vent grâce à la quille basculée), au lieu de gîter, le bateau monte et réduit considérablement sa surface mouillée, génial! Le bateau réduit donc sa gîte de 5° et "s'allège", jusqu'à 75% de sa masse.

De plus, la quille basulée au vent présente aussi dans cette configuration de bateau en sustentation, et modérément gîté, un plan porteur qui aide encore à la sustentation. La quille basculée permet aussi de gagner 5° de gîte. Whaouh, trop fort!

Tout cela est bien génial, mais qu'est-ce que cela donne à l'épreuve d'un Vendée Globe?

Il va donc sensiblement plus vite... mais voici une série de "mais"!

Au louvoyage :

(zig-zag pour repoindre un point dans l'axe du vent): les foils ne semblent pas apporter de bénéfice en termes de VMG "vitesse de progression réelle dans l'axe du vent", par rapport aux bateaux à dérives. Les bateaux vont certes plus vite... mais avec un angle au vent plus ouvert: donc match nulle au louvoyage.

Dans le petit temps:

Les foils fonctionnent à partir de 14 nds de vitesse. En dessous de cette vitesse, ils créent une trainée supplémentaire.

Vent arrière ou près du vent arrière:

Il y en a eu beaucoup sur ce Vendée Globe, les foilers n'ont jamais pu distancer certains non-foilers sur ces allures (Jean Le Cam et Damien Seguin). Il manque de la poussée latérale pour que le foil s'exprime. Les routes des foilers et non foilers sont très différentes: Les non-foilers naviguant près du vent arrière tandis que les foilers naviguent à 45° C du vent, soit 90° d'un bord sur l'autre. Comme au louvoyage, la vitesse supplémentaire est donc "mangée"  par la distance en plus!

Le gros temps:

dans le gros temps, foilers ou non foilers doivent limiter la vitesse de leur bateau pour le préserver, ne pas aller jusqu'à l'accident, la casse. Sur une route défoncée, la puissance du moteur ne change rien, il y a juste une vitesse maximale supportable. Les foilers ont parfois dû rentrer les foils au max pour "calmer le jeu".

Les étraves larges:

que l'on retrouve sur les bateaux récents, (très larges sur les nouveaux  foilers). On ne veut plus traverser les vagues, mais s'appuyer sur l'eau, monter dessus. Cette évolution des bateaux de course, (qui impose que le bateau soit léger) donne plus d'appui, plus de puissance (grâce à la largeur) et donc, en moyenne, plus de performance. La conséquence est que les bateaux sont devenus très durs, violents, dans les navigations contre les vagues. Les skippers ressentent les souffrances de leurs bateaux et souffrent avec eux. Plusieurs bateaux ont eu des problèmes de structures importants qui ont conduit à l'abandon, au naufrage ou bien à des réparations de forcené pour tenir jusqu'au bout... Les carènes déjà des plates (type planche à voile) sont par nature brutales, les étraves larges accentuent le phénomène. Avec leurs vitesses supérieures (en moyenne 0,8 noeud) et la route plus longue parcourue (+ de 5%), et donc un nombre d'impacts nettement plus importants avec les vagues mais aussi beaucoup plus violents (augmentation au carré de la vitesse)... La vitesse moyenne des premiers non-foilers sur la doute la plus directe est inférieure à 0,1 nds aux premiers foilers. Qu'en sera-t'il du vieillissement de ces carènes toujours plus extrêmes?

Le nombre de manoeuvres en descendant sous le vent (empannages):

On l'avait déjà constaté entre les spis symétriques et les spis asymétriques: Le spi symétrique permet de descendre plein vent arrière, si c'est notre route (et c'est souvent le cas en Bretagne). Le spi asymétrique impose de faire beaucoup plus de manoeuvres et le gain de vitesse ne compense la route supplémentaire que sur les bateaux légers et performants.

Avec les foilers, c'est encore plus marqué. Les bords des foilers sont à 135° du vent réel, ils doivent donc, selon la configuration météo (bande de vent), dessin de la côte ou marées, faire beaucoup plus de manoeuvres que les non-foilers. C'est une grosse opération sur un Imoca. La VMG sous le vent en pâti nettement et les foilers (même de dernière génération) ne gagnent apparemment rien du tout par rapport aux non foilers bien menés.

Les foilers risquent-t'ils davantage une collision que les non-foilers? Sur un Vendée Globe, oui! car au louvoyage ou à la descente sous le vent, ils parcourent plus de chemin que les non-foilers, et ceci à plus grande vitesse. Le risque de collision est donc accru (un minimum de 5%) et avec plus de dégâts!

Les foils, dans le principe, c'est vraiment génial, mais sur un tour du monde sur un monocoque, en solo, pas tant que cela!

Dans ce Vendée Globe, vraiment magnifique, le style de chaque skipper (sa manière de gérer le gros temps notamment), son talent, se sont vraiment exprimés. Une grande révélation est notamment Damien Seguin, qui, avec un bateau ancien, à dérives et un petit handicap (il lui manque une main) réalise un classement incroyable, laissant derrière lui un certain nombre de foilers.  Le roi Jean, Jean Le Cam (Yes we cam!), a à 61 ans réussi une course sublime (avec un bateau qu'il a réussi à renforcer, sécuriser mais qui aurait pu couler en coure de route) et grâce à la compensation de temps pour le sauvetge de Kevin Escoffier, temine 4ème à 10H du premier!

Notre skipper favori, Armel Tripont, L'Occidentale en Provence, qui hélas avait décroché de la tête de la course, dans l'Ouest du Cap Finistère, après la casse de son hook de J3 (étai permanent, structurant), a encore inspiré le respect par l'intelligence de sa navigation, ses trajectoires, ses vitesses, et notamment, le profond respect qu'il a pour son bateau et la sécurité. Il a réussit à remonter 20 bateaux et à revenir le sur le groupe de tête en naviguant, "en bon Père de famille", et avec le sourire (sauf au près, c'est visiblement l'enfer sur son bateau!). Alors qu'il était à la bataille pour la 10ème place, il a préféré lever le pied et même faire demi-tour pour laisser passer une grosse dépresssion dangereuse dans le Golfe de Gascogne, en particulier à l'arrivée, si un petit problème avait empêché de tenir le timing. Il est arrivé comme on l'aurait fait en croisière, près de la marée haute aux Sables d'Olonne. Il s'est quand même pris 50 nds dans le Golfe de Gascogne, sa plus forte tempête du Vendée Globe et après avoir laissé passer une dépression encore plus violente! Un grand marin, à qui on peut confier ses enfants et... un bateau de course! Bon vent Armel!

Les contradictions à surmonter sur les monocoques foilers:

La sécurité d'un bateau, sur un monocoque est assurée par sa quille, c'est basique, mais c'est la gravité qui permet à un bateau de rester à l'endroit ou de se redresser, en cas de grand coup de gîte, chavirage. 

Il est donc beaucoup plus facile de voler avec un dériveur, une planche à voile, un Kite ou un multicoque qu'avec un monocoque muni d'une quille de plus de 3 tonnes! Les foils tirent vers le haut et la quille vers le bas.

La sécurité d'un bateau est assuré aussi pas sa solidité. Plus un bateau va vite, plus les impacts contre les vagues sont durs et plus il doit être solide. Malgré toutes les vertus du carbone, malgré les calculs des architects et malgré le soin apporté dans la construction des bateaux, les structures sont mises à mal, se fissurent, cassent et demandent parfois à être renforcées, il faut donc parfois rajouter du poids. Par ailleurs, qu'en est il du vieillissement des foilers? Pourra t'on retrouver dans 15 ans des bateaux d'aujourd'hui?.

Nulle doute que dans des conditions de "laboratoire", type run de vitesse, America's Cup, on peut faire abstraction des contraintes de sécurité et atteindre des vitesses phénoménales mais sur un Tour du Monde, il faut faire cohabiter des contraintes antinomiques.

Bilan:

3  foilers occupent donc les 3 premières places.... certes, avec exactement 10 heures d'avance sur le premier non foilers après 80 jours de mer mais avec des budgets 10 supérieurs (ou plus) aux budgets des non-foilers. Le nombre de foilers arrivant après des non-foilers ou n'arrivent pas du tout est encore plus important! Pour Jean Le Cam, "c'est beaucoup de tracas pour pas grand chose!". Jean Le Cam "tire la sonnette d'alarme sur la spirale inflationniste des coûts des bateaux qui exclue les PME et les jeunes skippers. Il en va de l'avenir du Vendée Globe!" Pour Armel Tripon à l'inverse, "il n'y aura pas de retour en arrière!"

A noter que Jean Le Cam a fonctionné avec un budget de 800 000 € sur 2 ans, alors que les écuries des favorits avaient des budgets de 12 à 15 millions d'€. Respect, Jean, Bravo pour la performance et l'exemplarité!  On pourrait calculer rapidement le coût de la minute gagnée par les Foilers et bien sûr, cela donnerait le vertige. Le Vendée Globe, c'est bien autre chose que des budgets, donc, on ne le fera pas et on peut se réjouir que la technique progresse... et l'on peut tout autant se réjouir que cette "rupture technologique" ne mette pas au musée les bateaux des générations passées. Même les bateaux qui ont 20 ans, sont des vecteurs de rêve!

On rappellera aussi que les foilers peuvent très difficilement quitter un port et y revenir sans une équipe technique qui vient apporter les mega pare-battages qui doivent aussi protéger les foils et aider à la manoeuvre. Cela est encore possible, en solo sur un non foiler! (J'ai le souvenir notamment d'une très belle manoeuvre de Bernard Stamm à Brest en solo avec son Imoca, il y avait bien sûr du monde pour tourner les amarres).

Sur les fameuses allures de reaching, la puissance que donnent les foils sont transmis à la coque et au gréément avec des chocs violents. Des renforts structurels doivent êtres construits en conséquence! La facture et les contraintes sont très élevées pour le petit gain supplémentaire qu'ils apportent en termes d'efficacité sur la route donnée.

On peut bien sûr se réjouir que la technologie continue d'avancer, (merci pour cela aux "gros" sponsors) , mais il est aussi génial que des bateaux moins technologiques réussissent aussi de belles performances, en s'appuyant sur les "fondamentaux".

Ce Vendée Globe, la course autour du Monde la plus dure, mêlant toutes les conditions météo, toutes les allures et les questions de fiabilité, d'endurance, va sans doute apporter beaucoup d'enseignements aux skippers, architectes et constructeurs!  Les foils vont sans doute continuer à progresser et durablement s'imposer dans la voile de course. Ils ne mettent en tous cas pas au musées les générations de bateaux précédentes.

2 questions sont ouvertes :

Comment vieilliront les foilers? ou avec quel coût d'entretien resteront-ils fiables? 

Y' aura-t'il à nouveau la mise en chantier de bateaux "non foilers"? Difficile d'imaginer que les non-foilers n'avaient plus de marge de progression. Un non-foiler de concepion récente n'aurait il pu gagner le Vendée Globe 2020?

On retiendra surtout les aventures humaines extraordinaires, réussies, grâce au sérieux dans la préparation, des bateaux et des skippers, avec des budgets parfois modestes.  Ces participants qui ne sont pas devant mais qui ont bien mené leur aventure nous ont aussi apporté beaucoup de rêves.

Bien sûr un coup de chapeau particulier à Jean Le Cam, 61 ans, pour sa 4ème place (non foiler), un tout petit budget et le sauvetage Kevin Escoffier et qui a lui même connu des problèmes de structure qui auraient aussi pu conduire au naufrage de son bateau!

Ce Vendée Globe nous fait aimer encore plus nos bateaux! 

Grâce à leur simplicité dans leur conception, leur ligne performante et confortable à toutes les allures (au près notamment grâce à leur étrave fine), et au vent arrière (spi symétrique), combinés aux possibilités de réglages fins et à un entretien sérieux, nos bavaria match nous permettent au quotidien de savourer le plaisir de la voile ! Pas de frustration, pas d'allures désagréables! Nous,  skippers, savourons la navigation sur ces bateaux jusqu'au dernier jour de la saison, sans lassitude, sans perte de masse musculaire dans les jambes, en général sans blessure et nous nous réjouissons beaucoup de les retrouver la saison suivante!


Vidéos pédagogiques de Steff

Empannage sous spi asymétrique de "Steff". Un grand merci pour ce document pédagogique bien monté!




Monter dans le mât, images et montage : Steff!

Barrer sous spi (avec un peu d'air...)

23.06

Les stages de croisière ont repris fin mai pour le plus bonheur de tous !

Nous mettons régulièrement vidéos et photos sur instagram, compte "bretagneatlanticyachting".